Présentation du site

La statue d’Étienne de La Boétie, œuvre de Tony Noël, datée de 1892, se trouve place de la Grande-Rigaudie
à Sarlat-la-Canéda.

an-archisme,
dés-obéissance,
non-violence

Guillaume Goutte rendant compte des Chroniques de la désobéissance d’André Bernard, ouvrage publié par l’Atelier de création libertaire en 2012, écrivait :
« Recueil des chroniques littéraires qu’il déclame sur les ondes d’une radio locale et d’articles publiés çà et là dans la presse libertaire, André Bernard se propose, en les compilant ainsi, de traiter « de révolte sociale, d’anarchisme, de désobéissance civile, de non-violence active », et ce non sans quelques « écarts vers l’expression poétique ».

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Graines anarchistes de non-violence

          Collage de Claude Kottelanne

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Graines de non-violence
chez les précurseurs de l’anarchisme :
Godwin, Bellegarrigue
et Proudhon
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Article cueilli sur « Non-violence, Écologie et Résistances », site d’Alain Refalo

La critique et la contestation de l’État sont constitutifs de la matrice de l’anarchisme qui dénonce l’ordre social fondé sur les institutions de la violence tout en plaidant pour une société basée sur la liberté et l’autonomie des citoyens. Tout au long de son histoire, le mouvement anarchiste a été traversé par de multiples débats sur la fin et les moyens. Par quels moyens faut-il lutter pour faire advenir une société sans État ? Peut-on, et dans quels cas, utiliser la violence qui est le moyen légitime de l’État ? Ne risque-t-on pas de trahir l’idéal anarchiste en ayant recours à la violence ? La non-violence n’est-elle pas finalement le moyen le plus adéquat pour défendre les valeurs de liberté et de justice que défendent les anarchistes ?

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La non-violence, ça marche !

Cueilli sur la Toile

Compte rendu du livre de E. Chenoweth et M.J. Stephan : Why civil resistance works: The strategic logic of nonviolent conflict, 2011, Columbia University Press.

Les auteurs sont deux chercheuses en sciences politiques basées, pour la première, à l’Université Harvard, et pour la seconde à l’U.S. Institute of Peace (un institut indépendant fondé par le Congrès des États-Unis). Le livre compare l’efficacité des campagnes de résistance selon qu’elles ont été principalement violentes ou principalement non-violentes, selon deux dimensions : d’une part, ces mouvements ont-ils atteint leurs objectifs ? D’autre part, ces mouvements ont-ils été suivis de gouvernements démocratiques ou dictatoriaux, et y a-t-il eu une guerre civile ? La méthode combine approche quantitative et qualitative. La première se fonde sur une base de données de 323 campagnes de résistance, entre 1900 et 2006.

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Sylvia Pankhurst

Beaucoup plus qu’une suffragette

Pour cette biographie, Marie-Hélène Dumas, qui n’est pas historienne, a principalement utilisé les propres livres que publia Sylvia Pankhurst née en Angleterre en 1882, morte à Addis-Abeba en 1960 , et qu’elle qualifie ainsi de féministe, d’anticolonialiste et de révolutionnaire ; une révolutionnaire qui prit d’abord la défense des femmes, puis très rapidement celle du monde ouvrier et de l’anticolonialisme, tout cela avec passion. Par ailleurs, elle s’engagea pour la cause irlandaise et aussi contre l’invasion de l’Éthiopie par les troupes de Mussolini. Il est à noter que Silvio Corio, son compagnon, était italien et anarchiste.
Sylvia Pankurst était « consciente de ce que les différentes formes de domination sont indissociables les unes des autres et qu’elles fonctionnent les unes avec les autres, les unes grâce aux autres, etc. », nous précise Marie-Hélène Dumas.
Dès 1914, n’étant pas pour autant pacifiste, elle prit position contre la guerre, cela à l’encontre de la plupart des suffragettes qui, par patriotisme, arrêtèrent de militer.
Ajoutons, pour compléter le portrait, que, sortie diplômée du Collège royal des arts, elle souhaitait consacrer sa vie à l’art, à la peinture, au dessin, à la décoration et qu’elle était fortement inspirée par l’œuvre de William Morris (1834-1896), tout particulièrement par Comment nous vivons, comment nous pourrions vivre. Morris qui écrivait :
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Vive la syndicale !

                           Quel enthousiasme dans cet ouvrage qui énonce la nécessaire et quotidienne besogne ouvrière pour lutter contre l’exploitation économique ! Il s’agit là de lutte de classe, de conscience de classe et d’autonomie ouvrière ; pour tout dire, il s’agit du syndicalisme révolutionnaire, concept de lutte se voulant plus large que l’anarcho-syndicalisme et fondamentalement différent d’un certain syndicalisme d’accompagnement lourdement collaborateur du patronat et de l’État.
« Plutôt que de tenter de faire prévaloir une philosophie politique dans l’organisation syndicale, le syndicalisme révolutionnaire propose, lui, de dépasser ces clivages pour éviter les divisions, conscient que celles-ci n’ont jamais servi que les intérêts des capitalistes. »

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« Non-violents, donc féministes ! »

Publié dans Casse-rôles, n° 14,
novembre 2020-février 2021

« Non-violents,
donc féministes ! »

C’est le titre du numéro 194, de mars 2020, de la revue Alternatives non-violentes, avec en couverture une peinture murale d’Isabelle Breitman, dite Zabou, qui représente Frida Kahlo ; ce numéro est presque entièrement écrit par des femmes qui « donnent leur éclairage sur les luttes féministes d’hier et d’aujourd’hui », notant que les droits des femmes reculent à travers le monde, en particulier le droit d’avorter ; ce qui permet de rappeler le Manifeste des 343 salopes 1, paru dans Le Nouvel Observateur en avril 1971.

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Début de la désobéissance civile en France

1957-1960

Les débuts
de la désobéissance civile
en France

 

Extraits du livre d’Erica Fraters
Réfractaires à la guerre d’Algérie, 1959-1963
édité par Syllepse en 2005.

 


III. Les premiers pas de l’Action civique non-violente

L’Action civique non-violente existait avant qu’elle ne s’oriente vers le soutien aux réfractaires. L’ACNV se constitue en 1957 en coordination avec la communauté de l’Arche (fondée par Lanza del Vasto, catholique, disciple de Gandhi), mais en dehors d’elle, et en suivant ses propres règlements.
La création de l’ACNV a été voulue comme séparée et indépendante de la communauté. Dans la deuxième moitié de 1958, paraît le premier numéro du journal de l’ACNV. Il porte en sous-titre : « Jalons pour la formation de groupes d’action civique non-violente » (voir annexe). Le secrétariat, installé à la communauté de l’Arche à Bollène, est alors tenu par Roland Marin.
Dans le projet de l’Arche, il y avait, et il y a toujours, la volonté de mettre en pratique, immédiatement, entre les membres, même peu nombreux, l’idée de la non-violence, sans attendre que tous les humains adoptent ces convictions. De plus, l’Arche offre, à qui le demande, une formation aux méthodes d’action et à une façon de vivre axée sur la non- violence ; ce fut pendant la guerre d’Algérie, également, un refuge, un lieu de repos, pour les militants de l’ACNV et leur famille inquiétés par les forces de l’ordre ou de justice, ou qui tout simplement se trouvaient devant des difficultés matérielles suite aux actions en cours.
La participation à l’ACNV de compagnons et de compagnes de l’Arche allait de soi et était encouragée. Ces deux structures coexistaient donc sans qu’il soit porté atteinte à l’indépendance de chacune.
Il s’agissait, en fait, de deux structures complémentaires.

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La Gryffe

Publié dans Casse-rôles, n° 13, août-octobre 2020
et dans Le Monde libertaire, n° 1820, septembre 2020.

La Gryffe, librairie libertaire lyonnaise, est née en 1978 ; librairie, mais aussi lieu de débats et centre de documentation. Daniel Colson relate son histoire en se servant d’un matériel réuni collectivement.
Tout de suite, l’endroit est dépeint pour son atmosphère de conflits, de différends et de différences, mais aussi comme un lieu d’amitié, de solidarité, de convivialité et même d’amours. On retrouve là ce qui se passe dans tous les milieux libertaires, groupes et collectifs, qui se sont mis en tête de faire vivre pratiquement leurs idées en se passant des institutions étatiques et, à la Gryffe, pour faire prévaloir un point de vue, n’ont jamais été invoqués « les statuts, les votes, les majorités, les minorités », bien qu’existent des « modalités d’adhésion ».

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P. Ramus, 1936, sabotage et boycott

Couverture d’Anarchisme et non-violence,
avec Pierre Ramus, janvier-février 1969.

Pierre Ramus
« Appel à l’action directe
contre les gouvernements fascistes ! »,
La Voix libertaire, n° 343, 7 novembre 1936.

Texte extrait de https://archivesautonomies.org/spip.php?article3455

 

En lisant qu’on veut aider l’Espagne révolutionnaire par des livraisons d’armes aux troupes antifascistes, je suis étonné, puisqu’on ne considère pas que les travailleurs ne peuvent pas entrer en concurrence avec les États fascistes de l’Allemagne, de l’Italie et du Portugal en ce qui concerne les armements. Il est bien regrettable que les ouvriers et les amis d’une Espagne libre oublient l’aide qu’ils doivent à l’Espagne révolutionnaire et qui serait de beaucoup plus facile et plus efficace que des armements. Personne ne parle de ce devoir des travailleurs du monde ; au contraire, on devient presque fou en ne faisant que crier et demander l’envoi d’armes et de munitions, sans qu’on s’aperçoive que les États fascistes sont beaucoup plus forts de ce point de vue que les ouvriers avec leurs maigres moyens.
Une mise au point ! Prolétaires de France et d’ailleurs, je veux vous rappeler votre devoir envers la révolution espagnole.
Trois mois se sont écoulés sans que la CGT de France, sans que les anarchistes et sans que les anarcho-syndicalistes aient pris l’initiative pour organiser un boycottage et un sabotage révolutionnaire contre les marchandises, les transports par bateau et par chemin de fer, venant de l’Allemagne, de l’Italie et du Portugal, contre l’exportation et l’importation de ces pays fascistes ! Pourquoi n’entendons-nous pas les mots d’ordre pour un blocus économique, financier, commercial contre ces États ? Rupture de tous rapports avec ces États, sabotage révolutionnaire et international contre leurs exigences !
Ce devrait être le mot d’ordre et d’action pour les prolétariats de tout le monde !
Il est de toute urgence de commencer avec cette initiative. Que personne n’achète des marchandises, matériels, etc., venant de l’Allemagne, de l’Italie et du Portugal. Ce sera beaucoup plus désagréable au gouvernement allemand, italien et portugais que l’envoi d’armes à l’Espagne révolutionnaire. Parce que le boycottage et le sabotage révolutionnaire causeront des dommages considérables aux gouvernements, pas aux peuples.
Debout, camarades et travailleurs de la CGT ! Organisez vous-mêmes le boycottage et le sabotage contre les États fascistes qui veulent étrangler la Révolution espagnole.

*
On pourra lire du Collectif Désobéissances libertaires :
Antimilitaristes anarchistes non-violents,
Barthélemy de Ligt (1883-1938),
Pierre Ramus (1882-1942),

Atelier de création libertaire, 2019, 156 p.

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Corses et Basques non-violents

Le 10 janvier 2011, l’ETA (Euskadi Ta Askatasuna, « Pays basque et liberté ») annonçait l’abandon définitif de la lutte armée, tandis que, le 25 juin 2014, le FLNC (Front de libération nationale de la Corse) faisait savoir qu’il déposait les armes. D’autres mouvements de guérilla de par le monde ont fait ce choix ; encore que certains protagonistes soient revenus en arrière s’estimant trahis par leur gouvernement, tel Ivan Marquez, un chef de guérilla des FARC qui, en Colombie, en 2019, s’est désolidarisé du processus de paix et a averti qu’il allait reprendre les armes. On pourra se poser la question de ces abandons successifs de l’action armée ; on trouvera une explication entre autres dans la surpuissance militaire et policière de tous les États et dans l’impossibilité de vaincre par ce moyen sans en adopter les tares, sans devenir ce qu’il sont.
Devant le coup d’État des militaires espagnols en 1936, la riposte libertaire avait été spontanément armée, mais gagner durablement contre une armée de professionnels, supérieure en nombre et en matériel, avait été analysée comme sans espoir par certains libertaires qui, pourtant, prirent cette voie et furent vaincus.
Pour autant, l’ETA et le FLNC n’ont pas fait le choix de l’action non-violente.

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Confinement sous le ciel de Gaza

À propos de la lutte des Palestiniens contre l’oppression coloniale de l’État d’Israël, nous avions notamment recensé La Résistance palestinienne : des armes à la non-violence de Bernard Ravenel (édité chez L’Harmattan en 2017). Le livre du Gazaoui Ziad Medoukh, Être non-violent à Gaza – un lieu où l’on ne s’attendait pas à cela – confirme une évolution des moyens de résistance – car il ne s’agit pas de baisser les bras –, moyens qui vont à l’encontre de la description, pour la moins orientée, que nous donnent les médias occidentaux qui ne s’intéressent à cette bande de terre que pour y décrire des actes de violence et mettre l’accent sur l’envoi de roquettes contre Israël, projectiles qui, la plupart du temps, ne font aucun dégât. Pour autant, très rares sont les informations qui passent lorsque les Palestiniens manifestent pacifiquement. En fait, le souhait de l’État israélien c’est que les Palestiniens se radicalisent dans la violence et pouvoir sévir contre eux et maintenir l’occupation et la colonisation dont Israël dans son ensemble tire les plus grands bénéfices économiques.

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