Présentation du site

La statue d’Étienne de La Boétie, œuvre de Tony Noël, datée de 1892, se trouve place de la Grande-Rigaudie
à Sarlat-la-Canéda.

an-archisme,
dés-obéissance,
non-violence

Guillaume Goutte rendant compte des Chroniques de la désobéissance d’André Bernard, ouvrage publié par l’Atelier de création libertaire en 2012, écrivait :
« Recueil des chroniques littéraires qu’il déclame sur les ondes d’une radio locale et d’articles publiés çà et là dans la presse libertaire, André Bernard se propose, en les compilant ainsi, de traiter « de révolte sociale, d’anarchisme, de désobéissance civile, de non-violence active », et ce non sans quelques « écarts vers l’expression poétique ».

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2021 De nouveaux refuzniks en Israël

7 janvier 2021

Soixante lycéens et lycéennes israéliens signent une lettre refusant leur conscription obligatoire dans l’armée israélienne : « La politique sioniste de violence brutale envers les Palestiniens et d’expulsion de leurs maisons et de leurs terres a commencé en 1948 et n’a pas cessé depuis. »

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Carola la désobéissante

Capitaine et désobéissante

En tant que responsable de navigation, Carola Rackete a effectué des missions tant dans l’Arctique que dans l’Antarctique, ainsi que des expéditions dans certaines forêts primaires, cela avec des scientifiques. Elle constate que malgré les rapports adressés aux politiques, ces derniers n’en tiennent aucun compte. Écologiste avertie de la destruction de la planète, elle constate encore que la responsabilité en incombe au « système économique fondé sur la croissance », un modèle de développement bénéfique à une petite partie de l’humanité, catastrophique pour le reste qui ne voit comme solution, pour survivre, que l’émigration, et qui se réfugie, « chez nous », en Europe.

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Les gens ordinaires

Le Temps des gens ordinaires

C’est le titre d’un livre du géographe Christophe Guilluy. L’expression « gens ordinaires » viendrait de George Orwell ; les gens ordinaires, autrement dit les petites gens, la classe ouvrière atomisée, les classes moyennes en voie de déclassement, les « petits Blancs », ce que d’autres nommeraient le peuple qui, d’après Christophe Guilluy, serait mis à l’écart par la classe dirigeante, serait rendu invisible, et subirait, depuis les années 1980, une relégation politique, économique – avec des syndicats tenus en laisse – et culturelle dans une France périphérique, pourtant majoritaire, opposée aux métropoles où se prennent les décisions, où les élites urbaines donnent le ton en ignorant une réalité de résistance à la mondialisation, à la division internationale du travail et à la recomposition économique des territoires. Si ce nouveau modèle économique produit des richesses, elles ne profitent pas au plus grand nombre.

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Anarchisme non-violent & pacifisme libertaire

Anarchisme non-violent et pacifisme libertaire
de Sebastian Kalicha, ACL, 2020, 276 p.

« L’anarchisme non-violent ne cesse d’apparaître dans l’histoire, aujourd’hui encore, comme un courant et une tradition ayant une identité propre au sein du mouvement hétérogène que forme l’anarchisme. Encore qu’il faille sans doute – par rapport aux autres tendances – plus d’attention pour le distinguer et l’isoler clairement du reste afin de pouvoir l’étudier de manière approfondie ? »
Voici l’objectif qui s’est donné Sebastian Kalicha en travaillant sur ce texte. Après une première partie qui s’arrête sur les théories ayant contribué à questionner la domination et la violence, quelles qu’elles soient, il présente dans une deuxième partie un certain nombre de personnalités liées à ce mouvement. Enfin, dans une troisième partie, il nous propose une liste (non exhaustive) de groupes et d’organisations qui en ont écrit l’histoire. Une histoire qui reste actuelle par la présence de la violence dans nos vies quotidiennes, que ce soit par l’utilisation qui en est faite par les institutions se considérant comme seules légitimes à pouvoir s’en servir, mais aussi par celle se réclamant d’un projet révolutionnaire et émancipateur qui se propose comme alternative à celle-là.
Enfin, si l’auteur laisse quelques questions en suspens, il faudra naturellement d’autres recherches pour essayer d’y répondre, ainsi que pour enrichir cette démarche significative dans de nombreuses actions et initiatives, passées et présentes, où est perceptible la présence d’un « anarchisme non-violent ». Ce livre va sûrement nous aider à poursuivre et à nous interroger sur l’engagement libertaire qui est le nôtre. Sebastian Kalicha habite Vienne, en Autriche. Il collabore à divers médias libertaires et a publié plusieurs essais sur l’anarchisme, en particulier sur la tradition anarchiste non-violente. Illustrations de Daniel Grunewald.

Postface au livre de Sebastian Kalicha

Sebastian Kalicha écrit qu’Anarchisme et non-violence, la revue que nous les signataires de cette postface avons animée de 1965 à 1974, « peut être considérée comme le précurseur du journal Graswurzelrevolution », mais il précise quand même que bien d’autres influences entrèrent en ligne de compte… Ce dont nous ne doutons pas. Effectivement, en 1971, lors d’un camping à Blainville, en Normandie, nous avons rencontré Wolfgang Hertle et Wolfgang Kroner, futurs animateurs de Graswurzel.

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Graines anarchistes de non-violence

          Collage de Claude Kottelanne

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Graines de non-violence
chez les précurseurs de l’anarchisme :
Godwin, Bellegarrigue
et Proudhon
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Article cueilli sur « Non-violence, Écologie et Résistances », site d’Alain Refalo

La critique et la contestation de l’État sont constitutifs de la matrice de l’anarchisme qui dénonce l’ordre social fondé sur les institutions de la violence tout en plaidant pour une société basée sur la liberté et l’autonomie des citoyens. Tout au long de son histoire, le mouvement anarchiste a été traversé par de multiples débats sur la fin et les moyens. Par quels moyens faut-il lutter pour faire advenir une société sans État ? Peut-on, et dans quels cas, utiliser la violence qui est le moyen légitime de l’État ? Ne risque-t-on pas de trahir l’idéal anarchiste en ayant recours à la violence ? La non-violence n’est-elle pas finalement le moyen le plus adéquat pour défendre les valeurs de liberté et de justice que défendent les anarchistes ?

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La non-violence, ça marche !

Cueilli sur la Toile

Compte rendu du livre de E. Chenoweth et M.J. Stephan : Why civil resistance works: The strategic logic of nonviolent conflict, 2011, Columbia University Press.

Les auteurs sont deux chercheuses en sciences politiques basées, pour la première, à l’Université Harvard, et pour la seconde à l’U.S. Institute of Peace (un institut indépendant fondé par le Congrès des États-Unis). Le livre compare l’efficacité des campagnes de résistance selon qu’elles ont été principalement violentes ou principalement non-violentes, selon deux dimensions : d’une part, ces mouvements ont-ils atteint leurs objectifs ? D’autre part, ces mouvements ont-ils été suivis de gouvernements démocratiques ou dictatoriaux, et y a-t-il eu une guerre civile ? La méthode combine approche quantitative et qualitative. La première se fonde sur une base de données de 323 campagnes de résistance, entre 1900 et 2006.

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Sylvia Pankhurst

Paru dans Chroniques Noir & Rouge,
n° 3,
décembre 2020

Beaucoup plus qu’une suffragette

Pour cette biographie, Marie-Hélène Dumas, qui n’est pas historienne, a principalement utilisé les propres livres que publia Sylvia Pankhurst née en Angleterre en 1882, morte à Addis-Abeba en 1960 , et qu’elle qualifie ainsi de féministe, d’anticolonialiste et de révolutionnaire ; une révolutionnaire qui prit d’abord la défense des femmes, puis très rapidement celle du monde ouvrier et de l’anticolonialisme, tout cela avec passion. Par ailleurs, elle s’engagea pour la cause irlandaise et aussi contre l’invasion de l’Éthiopie par les troupes de Mussolini. Il est à noter que Silvio Corio, son compagnon, était italien et anarchiste.
Sylvia Pankurst était « consciente de ce que les différentes formes de domination sont indissociables les unes des autres et qu’elles fonctionnent les unes avec les autres, les unes grâce aux autres, etc. », nous précise Marie-Hélène Dumas.
Dès 1914, n’étant pas pour autant pacifiste, elle prit position contre la guerre, cela à l’encontre de la plupart des suffragettes qui, par patriotisme, arrêtèrent de militer.
Ajoutons, pour compléter le portrait, que, sortie diplômée du Collège royal des arts, elle souhaitait consacrer sa vie à l’art, à la peinture, au dessin, à la décoration et qu’elle était fortement inspirée par l’œuvre de William Morris (1834-1896), tout particulièrement par Comment nous vivons, comment nous pourrions vivre. Morris qui écrivait :
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Vive la syndicale !

Paru dans Chroniques Noir & Rouge,
n° 3,
décembre 2020

Quel enthousiasme dans cet ouvrage qui énonce la nécessaire et quotidienne besogne ouvrière pour lutter contre l’exploitation économique ! Il s’agit là de lutte de classe, de conscience de classe et d’autonomie ouvrière ; pour tout dire, il s’agit du syndicalisme révolutionnaire, concept de lutte se voulant plus large que l’anarcho-syndicalisme et fondamentalement différent d’un certain syndicalisme d’accompagnement lourdement collaborateur du patronat et de l’État.
« Plutôt que de tenter de faire prévaloir une philosophie politique dans l’organisation syndicale, le syndicalisme révolutionnaire propose, lui, de dépasser ces clivages pour éviter les divisions, conscient que celles-ci n’ont jamais servi que les intérêts des capitalistes. »

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« Non-violents, donc féministes ! »

Publié dans Casse-rôles, n° 14,
novembre 2020-février 2021

« Non-violents,
donc féministes ! »

C’est le titre du numéro 194, de mars 2020, de la revue Alternatives non-violentes, avec en couverture une peinture murale d’Isabelle Breitman, dite Zabou, qui représente Frida Kahlo ; ce numéro est presque entièrement écrit par des femmes qui « donnent leur éclairage sur les luttes féministes d’hier et d’aujourd’hui », notant que les droits des femmes reculent à travers le monde, en particulier le droit d’avorter ; ce qui permet de rappeler le Manifeste des 343 salopes 1, paru dans Le Nouvel Observateur en avril 1971.

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Début de la désobéissance civile en France

1957-1960

Les débuts
de la désobéissance civile
en France

 

Extraits du livre d’Erica Fraters
Réfractaires à la guerre d’Algérie, 1959-1963
édité par Syllepse en 2005.

 


III. Les premiers pas de l’Action civique non-violente

L’Action civique non-violente existait avant qu’elle ne s’oriente vers le soutien aux réfractaires. L’ACNV se constitue en 1957 en coordination avec la communauté de l’Arche (fondée par Lanza del Vasto, catholique, disciple de Gandhi), mais en dehors d’elle, et en suivant ses propres règlements.
La création de l’ACNV a été voulue comme séparée et indépendante de la communauté. Dans la deuxième moitié de 1958, paraît le premier numéro du journal de l’ACNV. Il porte en sous-titre : « Jalons pour la formation de groupes d’action civique non-violente » (voir annexe). Le secrétariat, installé à la communauté de l’Arche à Bollène, est alors tenu par Roland Marin.
Dans le projet de l’Arche, il y avait, et il y a toujours, la volonté de mettre en pratique, immédiatement, entre les membres, même peu nombreux, l’idée de la non-violence, sans attendre que tous les humains adoptent ces convictions. De plus, l’Arche offre, à qui le demande, une formation aux méthodes d’action et à une façon de vivre axée sur la non- violence ; ce fut pendant la guerre d’Algérie, également, un refuge, un lieu de repos, pour les militants de l’ACNV et leur famille inquiétés par les forces de l’ordre ou de justice, ou qui tout simplement se trouvaient devant des difficultés matérielles suite aux actions en cours.
La participation à l’ACNV de compagnons et de compagnes de l’Arche allait de soi et était encouragée. Ces deux structures coexistaient donc sans qu’il soit porté atteinte à l’indépendance de chacune.
Il s’agissait, en fait, de deux structures complémentaires.

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