Présentation du site

La statue d’Étienne de La Boétie, œuvre de Tony Noël, datée de 1892, se trouve place de la Grande-Rigaudie
à Sarlat-la-Canéda.

an-archisme,
dés-obéissance,
non-violence

Guillaume Goutte rendant compte des Chroniques de la désobéissance d’André Bernard, ouvrage publié par l’Atelier de création libertaire en 2012, écrivait :
« Recueil des chroniques littéraires qu’il déclame sur les ondes d’une radio locale et d’articles publiés çà et là dans la presse libertaire, André Bernard se propose, en les compilant ainsi, de traiter « de révolte sociale, d’anarchisme, de désobéissance civile, de non-violence active », et ce non sans quelques « écarts vers l’expression poétique ».

Continuer la lecture

Publié dans a&a Présentation | Laisser un commentaire

Chasseur de coquilles…

« Les anarchistes et limprimerie »


Calendrier de 2022
du Centre international
de recherches sur l’anarchisme
de Marseille

Chasseur de coquilles…
… ou correcteur d’imprimerie, métier où il s’agit de débusquer les erreurs grammaticales, historiques, typographiques, etc., et, pour le moins, de ne pas être trop mauvais en orthographe.
Sortir de prison pour avoir refuser de faire la guerre d’Algérie a pu être pour moi un avantage quand, après avoir rencontré Louis Lecoin (qui fut correcteur), ce dernier m’orienta vers May Picqueray (May la réfractaire), chef-correctrice à l’ancien Libération ; et c’est elle qui me conduisit dans le bureau étroit du syndicat parisien des correcteurs pour y passer un petit examen écrit et être accepté, puis, pendant trois années, travailler dans le « labeur » où tout ce qui s’imprimait (affiches, romans, petites publications, livres de classe, rapports divers, etc.) devait être lu et corrigé.
Après ce temps, on avait le droit d’entrer en presse, « rouler » dans divers quotidiens, attendre une place libre, espérer l’accord d’une équipe – les patrons ne se mêlaient pas des embauches – pour entrer « en pied ».
Devenu « ouvrier du livre », c’est comme ça que j’ai travaillé avec Georges Navel, l’auteur de Travaux ; avec Claude Kottelanne et André Devriendt, collaborateurs du Monde libertaire ; avec Simone Larcher, animatrice des Causeries et compagne de Louis Louvet, correcteur ; avec Jean-Pierre Bertrand, un moment comptable du syndicat.
Et puis avec Chinette, la fille de Rirette Maîtrejean ; avec Tania Lehingue (son père, Yervant Aprahamiantz, tenait une imprimerie où était confectionnée la revue Anarchisme et non-violence ; Michel Tepernowsky, correcteur, y participa), atelier qui imprimait aussi Noir et Rouge, publication animée par Christian Lagant, également correcteur.
J’ai travaillé aussi avec Julien Toublet, dit Jean Thersant, secrétaire de la CGT-SR de 1934 à 1938 (son fils Jacky fut secrétaire de notre syndicat) et, dans le même cassetin, avec Georges Rubel, graveur, fils de Maximilien, marxologue et conseilliste ; par ailleurs avec René Lefeuvre qui animait les cahiers Spartacus ; avec Jean-Paul Proix, « retoucheur »  dans un journal, et avec Malo, sa compagne également correctrice. Jean-Paul, fils de Robert Proix qui collabora à Liberté de Lecoin, mais aussi à Témoins, la revue de Jean-Paul Samson, insoumis de 14-18, réfugié à Zurich.
Il faut dire, qu’en presse, le temps de travail pouvait être très court laissant la place à des activités artistiques, littéraires et… militantes.
Marie-Paul Zuate, elle, chef-correctrice dans l’édition, partageait la copie avec Gaston Leval (insoumis de 39-40) que j’eus le plaisir de rencontrer à Genève en 1956.
Lors des assemblées syndicales, je pouvais rencontrer Nicolas Lazarevitch qui montait régulièrement à la tribune de son pas lourd, tandis que Nicolas Faucier, l’ancien métallo, collaborateur de Lecoin, se montrait plus retenu et discret.
J’en oublie… Freddy Gomez, Thierry Porré, Guillaume Goutte, Alain Brühl, etc.
Mais c’est comme ça que, en 1975, j’ai participé à la grève du Parisien qui dura environ vingt-huit mois, avec occupation des lieux, de l’Arc de triomphe, de Notre-Dame, du paquebot France, etc., avec ses « rodéos », c.-à-d. l’attaque des véhicules pour éparpiller les journaux qui s’imprimaient en Belgique…
Qui prendra la peine d’écrire l’histoire de ce milieu bien particulier, de ce petit syndicat libertaire de chasseurs-coquilleurs ?

André
septembre 2021

Publié dans Chroniques 2021, Grève, Histoire, Prison | Laisser un commentaire

La Voz de la mujer

La voix de la femme

Disons plutôt son cri ; mieux encore, disons les cris des femmes qui en Argentine, le 8 janvier 1896, lancèrent leur journal : La Voz de la mujer. Dès le n° 1, elles écrivent leurs lassitudes d’être le jouet, la serpillière, la femelle et l’outil de leurs exploiteurs et de leurs « vils époux ».

« Nous avons décidé de faire entendre notre voix dans le concert social et d’exiger, d’exiger, disons-nous, notre part de plaisirs au banquet de la vie. »
La première réaction méprisante et masculine devant l’affirmation : « Tout est à toutes et à tous » fut : « Et puis quoi encore ? Faut pas exagérer ! »

Continuer la lecture

Publié dans Chroniques 2021, Histoire | Laisser un commentaire

Les arts de la résistance

Publié dans Chroniques Noir & Rouge,
n° 6, septembre 2021

 

Le non-dit des dominés…


… dominés de toutes sortes, et qui sont de toute éternité des exploités économiques sous le pouvoir d’une minorité de puissants qui les tient sous son joug – le lien est étroit entre la domination et l’appropriation –. Ce non-dit, c’est ce que James C. Scott nomme le « texte caché », pas toujours facile à détecter pour l’historien, car le dominé fait tout son possible pour déguiser ses actes et ses pensées.
À l’évidence, le texte caché ne peut être créé que socialement ; il demande une connivence, une mutualité, entre les subalternes.
Continuer la lecture

Publié dans Boycott, Non-violence, Pratiques | Laisser un commentaire

Anarchistes et juifs

Anarchisme,
antisémitisme,
antisionisme

D’après nous, confondre antisémitisme et antisionisme, c’est faire preuve de la plus grande mauvaise foi, cependant Pierre Sommermeyer, dans le déroulement de son livre, ne donne pas de définition de ces deux termes qu’il illustre par contre par de multiples exemples. Mais, on peut constater que pour passer de l’antisionisme à l’antisémitisme, le pas est vite franchi par certains militants, surtout quand il s’agit de critiquer la politique expansionniste de l’État d’Israël.
Quant à l’anarchisme, on connaît, tant dans la pratique que dans la pensée, son pluralisme.
Continuer la lecture

Publié dans Chroniques 2021, Histoire, Israël-Palestine | Laisser un commentaire

Violence, prison, sexualité

Texte lu dans l’émission Achaïra
sur la Clé des ond
es à Bordeaux
le 6 septembre 2021

La longue douleur d’Alexandre Berkman

« Aller vers le Peuple, s’y fondre, partager ses joies et ses peines, et ainsi parvenir à l’éduquer », telle était l’idée première portée par le jeune anarchiste russe Alexandre Berkman arrivé aux États-Unis à l’âge de 17 ans, mais encore fortement exalté par les nihilistes de son pays.
Après le massacre par la police privée de l’agence Pinkerton d’une douzaine d’ouvriers de l’aciérie de Homestead dirigée par Henry Clay Frick, c’est à 22 ans que Berkman décide de passer à l’action. Il va tenter de tuer l’exploiteur.
« La vie humaine est certes sacrée et inviolable, écrit-il. Cependant, l’assassinat d’un tyran, d’un ennemi du Peuple, ne doit en aucune façon être considérée comme un meurtre. »

Continuer la lecture

Publié dans Prison | Laisser un commentaire

Démocratie au Rojava

Paru dans Réfractions, n° 46

La Fascinante Démocratie
du Rojava

Si les gens ordinaires adhèrent facilement aux idées toutes faites sur l’anarchisme et particulièrement quand il s’agit de violence , pour autant, nous, les anarchistes, ne sommes pas à l’abri de réserves diverses devant un présent qui est proche de nos pratiques ; la pensée semble alors arrêtée, l’imaginaire bloqué par tout ce qui n’est pas notre savoir historique et idéologique.
Seules, les forces nouvelles de l’évolution – et quelques surprises événementielles – pourront être à même d’ouvrir des portes libertaires.
Il est dit, en avant-propos, que ce livre – complexe, juridiquement très détaillé, soucieux de nuances, et qui s’appuie sur des sources écrites abondamment citées et complétées par des informations orales n’est pas un reportage sur le terrain, mais un essai sur les idées politiques et les institutions d’une société en construction et en perpétuelle mutation ; expérience qui se déroule sur des territoires ravagés par la guerre, trahis par la Russie, par les États-Unis et les pays occidentaux, envahis par l’armée turque, surveillés par Assad et convoités par les intégristes musulmans (c’est d’ailleurs en repoussant les djihadistes que le Rojava s’est fait connaître).

Continuer la lecture

Publié dans Droit, Turquie | Laisser un commentaire

Et si le vivant était anarchique

Paru dans Réfractions, n° 46, 2021

La génétique est-elle
une gigantesque arnaque ?

Jean-Jacques Kupiec, l’auteur de ce livre, est un biologiste et un épistémologue contemporain qui se situe dans la lignée de Darwin – bien connu pour ses travaux sur l’évolution, donc attentif à la variation des caractères , un Darwin qui, déjà, avait rompu avec les naturalistes le précédant quand il mit fortement l’accent sur la variabilité du vivant.
Ces naturalistes, « fixistes », pensaient que les espèces avaient été créées par Dieu une fois pour toutes avec, en plus, l’idée bien implantée qu’il y avait dans ce monde un ordre immuable, vision idéalisée du vivant dans son intégralité que, de fait, Darwin remit en cause en nous libérant de ce parti pris ; option que ne suivit pas, et que ne suit toujours pas, la « contre-révolution » génétique.
Kupiec, qui a lu L’Entraide de Kropotkine, se pose maintenant en critique de la pensée biologique dominante emprisonnée dans un carcan « essentialiste » qui, en permanence, remet en selle l’invariance et pour qui la variabilité du vivant ne serait qu’accidentelle.

Continuer la lecture

Publié dans Théorie | Laisser un commentaire

La Rébellion zapatiste

Publié dans Casse-rôles,16,
mai-juillet 2021.

D’abord, en 2002, Jérôme Baschet édita chez Denoël L’Étincelle zapatiste. Insurrection indienne et résistance planétaire, livre réédité en 2005 par Flammarion avec pour titre La Rébellion zapatiste qui reparaît en 2019, toujours chez Flammarion, dans une édition complétée et augmentée d’une nouvelle postface.

 

Rappelons que le 1er janvier 1994, lors de l’entrée en vigueur du Traité de libre-échange (Alena) avec les États-Unis et le Canada, l’armée zapatiste (EZLN) s’empare d’une demi-douzaine de villes mexicaines (« Ils prirent les armes pour prendre la parole. ») et, le 2 janvier 1994, le lendemain, se retirent pacifiquement devant l’armée fédérale non sans avoir essuyé des pertes importantes. Ce repli militaire fut donc rapide et permit tout aussitôt une réflexion qui s’ouvrit sur la décision de « mettre en mouvement la société tout à la fois au plan régional, national et international ».
Si les zapatistes abandonnèrent l’usage de leurs armes, ils ne renoncèrent pas pour autant aux armes comme garantie de leur sécurité.

Continuer la lecture

Publié dans Amérique latine, Chroniques 2021, Droit, Ecologie, Féminisme | Laisser un commentaire

Si quelqu’un te parle avec des flammes

Si quelqu’un te parle avec des flammes
Répond-lui avec de l’eau

Sache que le seul combat qui se gagne
C’est le duel qui devient duo

Je sais que les braves savent se battre
Et lutter pour leurs droits jusqu’à l’aube
Mais dis-leur que la paix guérit et la guerre périt
Quand la plus belle âme des deux ennemis pardonnent à l’autre
Si quelqu’un te parle avec des flammes
Répond-lui avec de l’eau demain il sera des nôtres
Dehors ceux qui se nourrissent de l’éclat de l’or
Essaient de faire peur aux pauvres
Il fait sombre dans les songes que l’orateur peul colore
Mais il paraît que l’heure la plus noire de la nuit précède de peu l’aurore

Continuer la lecture

Publié dans Non-violence, Poésie & littérature - Galerie, Porte ouverte | Laisser un commentaire

Stratégie de la non-violence

Pourquoi la stratégie
de lutte non-violente ?

Le choix de la stratégie de lutte non-violente correspond au projet de faire émerger un mouvement de masse. En effet, c’est une stratégie qui permet une grande diversité de formes d’action : des actions symboliques, artistiques ou humoristiques, des actions directes d’interposition, d’occupation ou de blocage, des actions constructives, des actions de non-coopération et de boycott, etc. Ces formes d’action variées sont autant de portes d’entrées pour des personnes aux profils variés : des personnes jeunes comme des personnes plus âgées, des femmes comme des hommes, des personnes avec plus ou moins de temps disponible, plus ou moins de capacité à subir une répression policière ou des risques juridiques, etc. En articulant ces différentes formes d’actions dans des campagnes communes, la stratégie non-violente cherche ainsi à proposer une place à chacune et à chacun, à obtenir non seulement le soutien de l’opinion publique, mais aussi la participation directe de la population.

Continuer la lecture

Publié dans Non-violence | Laisser un commentaire